En examinant les teneurs en plomb présentes dans une région donnée, des chercheurs ont pu repérer des traces de pollution vieilles de 2 000 ans, datant de l’Empire romain.
Si des traces de pollution persistent même depuis l’Empire romain, quelles seront les traces de pollution de notre civilisation dans 2 000 ans ?
Le XIXe siècle n’a pas inventé la pollution
D’après un article publié par l’Encyclopédie d’Histoire Numérique d’Europe, (EHNE), “les premières pollutions massives naissent avec l’adoption du charbon de terre comme combustible pour les fourneaux et moteurs industriels”, soit au XIXè siècle. De plus, la naissance de la chimie appliquée fait également naître de nouvelles pollutions.
Cependant, l’invention de la pollution n’est pas l’apanage de ce siècle ou des suivants. Aujourd’hui, il est possible de repérer des traces de pollution émises bien avant, comme celles liées à l’Empire romain, par conséquent vieilles de 2 000 ans, selon une étude publiée le 31 janvier dernier dans la revue Nature.
Les teneurs en plomb dans la région
Les chercheurs ont examiné les teneurs en plomb “et la dynamique de la végétation dans des archives environnementales” dans la région de la mer Egée. Les scientifiques précisent que le premier impact anthropique connu sur les environnements naturels est le “défrichement des terres boisées” il y a 12 000 ans, et que cet impact s’est intensifié pendant l’âge du bronze.
Pour mesurer cet impact, les scientifiques peuvent s’appuyer sur “une multitude d’enregistrements indirects” notamment des données sur le pollen, le charbon de bois etc. Mais dans d’autres régions, comme dans le massif du Mont-Blanc et au Groenland, des particules de métal très toxiques ont été repérées.
-2 à 3 points de QI
Comme le précise France Info, ces particules ont été émises à l’époque de l’Empire romain, lors des activités minières, qui comprenaient l’extraction de la galène, un minerai qui servait à fabriquer des pièces de monnaies. (3000 à 4000 tonnes de plomb étaient libérés dans l’atmosphère pendant l’apogée de l’Empire.)
Problème, lors d’une intoxication au plomb, le cerveau peut subir de graves dommages, notamment chez l’enfant. Une étude rapporte que l’ensemble de la population de l’empire Romain aurait subi une perte de points de QI de 2 à 3 points. Est-ce cependant cette déchéance qui a conduit l’empire Romain à sa perte ? Moins sûr…
De plus, selon cette même étude, les voies d’exposition au plomb étaient à l’époque très nombreuses : dans l’eau, avec l’utilisation de vaisselle, de peintures ou même de cosmétique. “Le résultat a été une augmentation de la plombémie chez les jeunes enfants d’environ 2,4 µg/dl au-dessus d’une valeur de base néolithique estimée à 1,0 µg/dl”.