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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

24/03/2026 15:11 355
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Chaque année, TEFAF Maastricht, la plus prestigieuse foire mondiale d'art et d'antiquités, concentre en quelques jours des milliers d'œuvres d'une valeur inestimable et autant de défis pour les assureurs. AXA XL, Global Lead Partner de l'événement, revient sur les nouvelles frontières de la protection des collections. © TEFAF / Loraine Bodewes

Alors que la TEFAF 2026 s’apprête à ouvrir ses portes à Maastricht, les assureurs sont plus que jamais aux côtés des musées et institutions pour protéger les œuvres d’art. L’émergence de nouveaux risques exige de nouveaux moyens, une meilleure anticipation et une couverture d’assurance adaptée. Entretien avec Daphné de Marolles, responsable Souscription, Art & Specie and Private Clients chez AXA XL.

L’actualité récente a souligné l’importance cruciale pour les musées, publics ou privés, les fondations, et même les villes, d’une stratégie de protection solide, qu’il s’agisse de sécurité des collections ou de couverture d’assurance. Des événements, souvent très médiatisés - vols, vandalisme, incendies ou événements climatiques – rappellent qu’une approche proactive et globale est essentielle pour préserver des œuvres irremplaçables. À quelques jours de l’ouverture de la TEFAF Maastricht, référence mondiale des foires d’art et d’antiquités, Daphné de Marolles, responsable Souscription, Art & Specie and Private Clients chez AXA XL explique comment cet acteur historique majeur de l’assurance des musées et institutions, appréhende ces nouveaux défis.

Historiquement centrée sur la conservation, l’assurance des musées doit aujourd’hui intégrer des risques nouveaux, notamment celui des actes malveillants. Comment cette évolution transforme-t-elle l’approche d’AXA XL ?

Il nous faut travailler sur la prévention et la protection en gardant l’idée de conservation des œuvres, qui est centrale puisqu’il s’agit de patrimoine, mais également être proactifs dans l’analyse des nouveaux risques de façon à mieux anticiper. Traditionnellement, les moyens de protection s’améliorent en réaction à un sinistre. Nous devons désormais imaginer ce qui pourrait se produire. Mais les auteurs d’actes malveillants (vols, dégradation, etc.) ont souvent un temps d’avance. Il reste toujours un aléa, et c’est pour cela que la couverture d’assurance demeure quelque chose de nécessaire et qui a du sens.

 

Daphné de Marolles, responsable Souscription, Art & Specie and Private Clients chez AXA XL.

Quand vous êtes sollicités pour la protection des collections d’un musée, comment réalisez-vous votre cartographie des risques et l’évaluation de ses vulnérabilités ?

Rappelons tout d’abord que l’assurance des collections muséales est attribuée sur appel d’offre public. Toutes les questions que nous posons, toutes les précisions que nous demandons, sont donc communiquées à l’ensemble des répondants à l’appel d’offre. Notre objectif est d’identifier les vulnérabilités et de pouvoir formuler des recommandations réalistes et sur mesure, qui correspondent à la réalité des lieux, puisqu’il s’agit bien souvent de monuments historiques. Il est très important, pour qu’elles soient effectivement mises en œuvre, que les solutions proposées soient pragmatiques et réalisables. Notre rôle, en tant qu’assureur, est aussi celui d’un partenaire, c’est-à-dire que nous sommes très souvent consultés, par l’intermédiaire de courtiers, à l’occasion de travaux, d’une exposition temporaire, d’un prêt d’œuvre, etc. Dans certains cas, nous envoyons un expert sur place pour accompagner le musée ou la fondation dans ces temps forts.

Quels moyens de prévention et de protection, à la fois techniques et humains, examinez-vous en priorité? 

La protection commence par des dispositifs mécaniques, comme les portes, les vitrines, les fenêtres, etc. Viennent ensuite les systèmes de surveillance (caméras, détecteurs de fumée, alarmes, etc.) qui doivent être reliés à une centrale pour que l’alerte éventuelle remonte le plus vite possible. Nous examinons également l’organisation du musée : comment se passent les entrées ? Comment sont organisées les circulations ? Combien de personne y a-t-il dans les pièces, et quelle surveillance humaine existe ? Comment sont formés les gardiens et l’ensemble du personnel ? C’est très important que chacun puisse avoir la bonne réaction, pour se protéger, protéger le public et protéger les œuvres, dans une situation à risque.

Comment concilier protection maximale des œuvres et mission d’ouverture au public, qui fait l’essence même du musée ?

Cette question, centrale, est particulièrement importante quand il s’agit d’expositions temporaires. Avec la vague, depuis quelques années, de vandalisme sur les œuvres, nous avons renforcé notre accompagnement, notamment auprès des commissaires d’exposition. Bien sûr, l’accrochage doit servir le récit que le commissaire souhaite raconter aux visiteurs, mais des précautions sont nécessaires, comme éloigner les objets les plus précieux de l’entrée, les répartir dans différentes vitrines, et prévoir un parcours un peu alambiqué, qui compliquerait la tâche de malfaiteurs et les ralentirait, puisque dans ce genre de situation, l’élément-clé, c’est le temps.

 

Mécène fondateur” du musée du Louvre, les Mutuelles d’assurances AXA soutiennent la création du département des Arts de Byzance et des Chrétientés en Orient du musée du Louvre, qui doit ouvrir ses portes au public en 2027. © WHY-BGC \

Le transport est souvent présenté comme le moment le plus risqué dans la vie d’une œuvre. Pourquoi concentre-t-il autant d’attention de la part des assureurs?

En effet, même si certains sinistres spectaculaires ont récemment défrayé la chronique, le transport reste le moment le plus à risque de la vie des œuvres. Toutes les manipulations, qu’il s’agisse de sortir l’œuvre d’une réserve ou de la décrocher, de la préparer, de la charger dans un camion, doivent être réalisées dans les règles de l’art. Il faut mobiliser le bon nombre de personnes, bien souvent fabriquer une caisse sur mesure, éviter les chocs pendant le trajet, veiller à ce que les bonnes conditions d’hygrométrie soient respectées, etc. En tant que partenaire, nous formulons des recommandations et demandons l’intervention de transporteurs spécialisés.

Vous l’avez souligné, le risque zéro n’existe pas. Que se passe-t-il concrètement lorsqu’un sinistre survient?

Le prérequis, c’est la déclaration du sinistre, qui peut nécessiter un déport de plainte, en cas de vol par exemple. Une fois cette déclaration reçue, nous saisissons un expert qui se rendra sur les lieux, afin d’identifier l’origine des dommages et qualifier le sinistre. Ensuite, il devra évaluer l’indemnisation et les moyens de la mettre en œuvre, comme identifier et mobiliser le restaurateur le plus adapté pour garantir une restauration de qualité. Entretemps, il peut être nécessaire de mettre en place des mesures de sauvegarde, pour éviter une aggravation des dommages initiaux. À titre d’exemple, lorsque le Louvre d’Abou Dhabi a été inondé, les équipes du musée ont eu le bon réflexe de surélever et couvrir les œuvres.

 

TEFAF Maastricht, vitrine mondiale du marché de l’art, compte AXA XL parmi ses partenaires historiques. L’assureur y incarne un rôle discret mais essentiel : garantir, de clou à clou, la sécurité des œuvres les plus précieuses du monde. © TEFAF / Loraine Bodewes

La TEFAF, foire européenne des Beaux-Arts de Maastricht, dont AXA XL est Global Lead Partner, aura lieu du 14 au 19 mars prochains. Comment l’abordez-vous?

C’est avant tout le moment idéal pour rencontrer tout l’écosystème de l’art et prendre la mesure de leurs besoins en assurance et de leurs contraintes pour mieux les accompagner.
C’est aussi un rendez-vous logistique majeur : il faut acheminer, installer et réexpédier les œuvres « de clou à clou ». Nous sommes donc très présents en amont pour accompagner et conseiller les collectionneurs, les professionnels de l’art et les institutions dans cette phase critique. Enfin, ce qui est frappant une fois sur place, c’est la qualité muséale de la présentation des œuvres. Le soin apporté à leur mise en valeur, à la création d’un véritable écrin, est à la mesure de l’attention portée à leur protection. C’est précisément cet équilibre qui fait de la TEFAF un événement unique.


https://www.connaissancedesarts.com/

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