jeudi, 18/06/2026
  • Tiếng Việt
  • English
  • French

Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

16/04/2026 15:52 458
Rating: 0/5 (0 votes)


Entre conservation d'un patrimoine d'exception et ambitions artistiques contemporaines, l'Ouzbékistan s'affirme comme un nouveau carrefour culturel mondial. Photo: Le Cirque d'État de Tachkent par Genrikh Aleksandrovich, 1969

Appelé de ses vœux par Gayane Umerova, la présidente de la Fondation pour le développement des arts et de la culture d’Ouzbékistan (ACDF), le Centre d’arts contemporains de Tachkent (ou CCA) reflète l’effervescence créatrice de cette nouvelle scène artistique d’Asie centrale, bouillonnante et ouverte sur le monde.

En novembre 2022, le public français découvrait avec émerveillement la “Splendeur des oasis d’Ouzbékistan” au musée du Louvre, la somptuosité des ikats de soie et des chapan (manteaux) brodés d’or à l’Institut du monde arabe. C’est un tout autre visage que ce pays au carrefour de l’Europe et de l’Asie offre désormais à la face du monde. Sous l’égide de la Fondation ACDF, de multiples projets patrimoniaux, muséaux et environnementaux sont en cours de réalisation, tissant un dialogue stimulant entre un héritage plurimillénaire et une modernité galopante.

“Hikmah”, la sagesse comme fil conducteur du nouveau CCA Tachkent

Par son exposition inaugurale joliment baptisée « Hikmah » (qui signifie « sagesse »), le tout nouveau Centre d’arts contemporains de Tachkent en offre la preuve éclatante. Réhabilité magnifiquement par les architectes français Karl Fournier et Olivier Marty, de Studio KO, cet ancien bâtiment à vocation industrielle se veut un laboratoire expérimental et une plateforme ouverte à tous les publics et tous les champs de la création. Découvrez notre entretien avec Gayane Umerova, présidente de la Fondation pour le développement des arts et de la culture (ACDF).
 
 

Gayane Umerova, présidente de la Fondation pour le développement des arts et de la culture. Courtesy of ACDF

Vous souhaitez faire de votre pays une nouvelle force culturelle et un pôle majeur de la scène artistique contemporaine mondiale. Quelles sont vos priorités ?

Je suis convaincue que la culture façonne la société. Ainsi, notre priorité est de construire un écosystème culturel, et non une simple succession d’événements. Cela implique d’investir simultanément dans les institutions, l’éducation, le dialogue avec l’international et les talents locaux. Il s’agit par ailleurs d’assurer  la continuité avec notre riche patrimoine. Nous souhaitons développer des infrastructures culturelles pérennes, telles que le Centre d’arts contemporains de Tachkent, le Musée national d’Ouzbékistan et la Biennale de Boukhara, tout en renforçant le dialogue international grâce à des partenariats avec des institutions comme le Louvre et le British Museum, et par notre participation à la Biennale de Venise et à l’Expo 2025 d’Osaka.

De nombreux projets de musées sont en cours. Comment avez-vous sélectionné les architectes? Pour nous, l’architecture est porteuse de mémoire et de sens. Nous avons donc recherché des architectes qui comprennent que la culture n’est pas un spectacle. Les bâtiments doivent en effet s’ancrer dans le lieu, le climat et l’histoire, tout en restant ouverts sur l’avenir. Chaque architecte a été choisi pour sa sensibilité au contexte et sa capacité à collaborer avec les équipes locales. Ces musées doivent appartenir à l’Ouzbékistan, non seulement visuellement, mais aussi intellectuellement.

 

Centre d’arts contemporains de Tachkent (CCA), Ouzbékistan. Courtesy ACDF © STUDIO KO

Pour le projet du Centre d’arts contemporains de Tachkent (CCA), nous avons ainsi sélectionné les architectes de Studio KO car nous avons pressenti qu’ils comprenaient l’importance d’une transformation respectueuse reposant sur le respect des matériaux et des proportions traditionnels ouzbeks, tout en y intégrant des éléments contemporains. La préservation, en ce sens, est synonyme de continuité. Pour le nouveau Musée national d’Ouzbékistan, conçu par Tadao Ando, nous recherchions un architecte capable d’instaurer un dialogue entre passé et futur. Le musée est pensé comme un pont entre l’héritage historique et l’identité contemporaine et symbolise notre confiance dans la capacité culturelle de l’Ouzbékistan à façonner une société nouvelle.

 

Le futur Musée national d’Ouzbékistan par Tadao Ando à Tachkent © Tadao Ando

Quelle sera la mission du CCA et à quel public s’adressera-t-il ?

Première institution permanente d’Ouzbékistan destinée à l’art contemporain, à la recherche et à la médiation culturelle, le CCA Tachkent marque l’aboutissement d’un projet de longue haleine. La mission du Centre est à la fois artistique et citoyenne. Conçu comme une plateforme vivante, le CCA Tachkent est ouvert à tous et en accès libre. Doté d’une bibliothèque, d’espaces d’ateliers, d’un café, proposant des résidences et des stages, il se veut un lieu d’échanges intergénérationnels et interdisciplinaires. Il s’adresse en priorité à la communauté locale- artistes, étudiants, penseurs - mais aussi aux professionnels internationaux désireux de s’investir de manière significative dans la culture d’Asie centrale. Ce devrait être un lieu de rencontre, où le dialogue semble naturel et nécessaire.

 

Centre d’arts contemporains de Tachkent (CCA), Ouzbékistan. Courtesy ACDF © STUDIO KO

La Fondation joue également un rôle essentiel dans la protection du patrimoine et des traditions artisanales. Pouvez-vous nous parler des programmes de restauration soutenus par l’ACDF?

La préservation a toujours été au cœur de notre action et, à l’ACDF, nous sommes convaincus que le patrimoine doit rester vivant dans le monde contemporain. Notre travail de restauration est à la fois architectural et humain. Nous soutenons la conservation de monuments historiques, comme à Boukhara par exemple, en utilisant des méthodes scientifiques rigoureuses, tout en revitalisant les artisanats traditionnels menacés de disparition. En 2021, nous avons lancé « Tashkent Modernism XX/XXI », une initiative de recherche d’envergure documentant vingt-quatre sites modernistes majeurs dans la capitale. Vingt-et-un ont depuis été classés sur la liste du Patrimoine national.

 

Le Republican Art College, ou Benkov Art College à Tachkent, conçu par les architectes Victor Breusenko et Rafael Khairutdinov. © ACDF / Karel Balas

Nous avons également mis en œuvre des directives conformes aux recommandations de l’Unesco et travaillons toujours avec les meilleurs experts internationaux et nos propres spécialistes. Préserver le patrimoine ne relève pas de la nostalgie; il s’agit de transmettre savoir et dignité aux générations futures. L’artisanat, en particulier, est porteur de mémoire. Nous avons récemment inauguré l’École des métiers d’art de Naqsh en partenariat avec la King’s Foundation (Royaume- Uni). Nous sommes également activement présents au sein du réseau Homo Faber et avons impliqué nos maîtres artisans dans la première édition de la Biennale de Boukhara (2025). Au-delà de l’architecture, nous sommes aussi attachés à l’histoire intellectuelle et culturelle de notre pays. L’un de nos projets les plus importants est le musée de l’Héritage des Jadids, consacré à ces penseurs réformateurs du début du XXe siècle.

  

Marina Perez Simão, en collaboration avec Bakhtiyar Babamuradov, Untitled, 2024- 2025, Biennale de Boukhara 2025 © DR

La population de l’Ouzbékistan est très jeune. Comment comptez-vous sensibiliser ces jeunes à l’art et à la culture ?

Il faut commencer par l’accès. Plus de 60 % de la population ouzbèke a moins de 35 ans. À travers notre travail, nous avons la responsabilité de créer en permanence des opportunités et les infrastructures nécessaires aux générations futures. Cela implique notamment une éducation de qualité.


https://www.connaissancedesarts.com/

Shares: